Homélie du 7ème dimanche du temps ordinaire

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7ème dimanche du temps ordinaire

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Dans le livre du Lévitique (1ère lecture), nous trouvons deux commandements : "Soyez saints, car moi, le Seigneur, je suis saint" et "Tu aimeras ton prochain comme toi-même." Nous n'en sommes pas encore à l'Évangile. Ces étonnantes paroles se trouvent déjà dans l'Ancien Testament. Le livre du Lévitique est particulièrement sensible à la sainteté de Dieu. Cette révélation implique des exigences. Et parmi ces exigences, il y a l'amour fraternel : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Dès l'ancienne loi, on découvre que cet amour fraternel vaut mieux que tous les rituels : c'était le signe de la présence de Dieu parmi les hommes. Cet appel du Lévitique n'était qu'une étape. Il se limitait aux liens du sang, de la race, de la famille, de la nation.

Avec le Nouveau Testament, nous faisons un pas de plus. Dans sa lettre aux Corinthiens, saint Paul insiste sur l'universalité de l'amour de Dieu. Chaque personne est unique aux yeux du Seigneur. Tout homme est un sanctuaire aux yeux de Dieu. Nous appartenons tous au Christ et le Christ est à Dieu. Cela entraîne un renversement : nous sommes appelés à être ensemble le lieu de la présence de Dieu. Ce qui compte désormais, c'est le Royaume nouveau à construire et à manifester.

Dans l'Évangile, Jésus s'en prend à l'enseignement des scribes, des pharisiens, des professeurs de religion, des redresseurs de tort. Tous ces gens qui exercent une autorité disent mais ne font pas. Ils chargent les épaules des gens de fardeaux qu'ils ne portent pas eux-mêmes. Ce que Jésus dénonçait à l'époque est toujours d'actualité à l'intérieur des religions. Mais s'il y a contradiction entre ce qui est dit et ce qui est vécu, nous donnons un contre-témoignage.

Dans l'Évangile de ce dimanche, nous entendons Jésus nous parler avec l'autorité même de Dieu. Il touche deux points faibles : l'instinct de violence et la vengeance. Nous sommes souvent entourés de gens pas forcément aimables et nous avons du mal à aimer tout le monde. Nous avons de la peine à pardonner ; comment aimer ceux qui nous persécutent et nous font souffrir ? Et pourtant, c'est bien cette route que Jésus a parcourue pour notre salut. Dans une de ses homélies, le pape François s'est arrêté sur la difficulté d'aimer ses ennemis. Et il s'est demandé comment il est possible d'aimer et de pardonner.

"Nous aussi, nous avons des ennemis… certains sont faibles, d'autres forts. Nous aussi, nous devenons parfois les ennemis d'autres personnes ; nous ne les aimons pas. Jésus nous dit que nous devons aimer nos ennemis" (Pape François). Oui, mais comment aimer ceux qui, par amour de l'argent, le laissent pas passer la nourriture et les médicaments à ceux qui en ont besoin et les laissent mourir ? Comment aimer les personnes qui ne cherchent que leur intérêt matériel et qui font tant de mal ?

Oui, comment faire ? C'est vrai que nous nous sentons pauvres et démunis. Aujourd'hui, Jésus nous invite à nous tourner vers le Père : il fait lever son soleil sur les bons et les méchants. Il veut que tous soient illuminés. Son amour est pour tous ; il est pour les bons et pour les méchants. Saint Paul qui persécutait les chrétiens s'est laissé transformer par cet amour.

Jésus termine sa prédication par cette parole : "Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait." Nous sommes tous appelés à imiter la perfection du Père dans la perfection de l'amour. Jésus nous montre le chemin : il a pardonné à ses ennemis ; il fait tout pour les pardonner. Il est plein de tendresse  quand il reçoit Judas au mont des Oliviers alors que certains disciples pensaient à la vengeance. On entend dire que la vengeance est un plat qui se mange froid. Mais ce n'est pas chrétien ; c'est contraire à l'Évangile. Aujourd'hui, le Christ nous demande d'aimer nos ennemis. Comment faire ? C'est lui qui nous donne la réponse : "Priez, priez pour vos ennemis." La prière fait  des miracles.

Aimer comme Jésus a aimé, c'est pardonner comme il a pardonné à ceux qui l'ont fait mourir ; c'est s'arrêter pour écouter le cri de celui qui souffre comme il l'a fait pour le mendiant que tout le monde voulait faire taire ; c'est regarder sans juger comme il l'a fait pour les pécheurs qu'il a rencontrés ; c'est prendre le temps de la prière pour se ressourcer à la source de l'Amour.

Nous chantons quelquefois : "Qu'il est formidable d'aimer !" Mais par expérience nous savons que nous pourrions tout aussi bien chanter : "Qu'il est difficile d'aimer", surtout aimer à la façon de l'Évangile. Cette Eucharistie que nous allons célébrer vient nous redire tout l'amour du Christ pour nous. Qu'elle nous aide à demeurer dans cet amour et à en vivre chaque jour. Oui, Seigneur, "fais de nous des artisans de paix, des bâtisseurs d'amour".

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Sources : Revues Signes, Feu Nouveau, fiches dominicales, Homélies de l'année A (Simon Faivre), François selon Saint Matthieu, C'est dimanche (Emmanuel Oré)

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