Homélie du 6ème dimanche du temps ordinaire

Publié le par Jean Compazieu

"Lumière des hommes..."

 

 

Textes bibliques : Lire

Les textes bibliques de ce dimanche nous révèlent un "Dieu qui veut habiter les cœurs droits et sincères" ; ce sont les mots de l'oraison du début de la messe. C'est vrai, le Seigneur fait sa demeure en ceux qui gardent sa Parole. Saint Paul nous le dit à sa manière : nous sommes le temple du Seigneur. Les textes de ce dimanche ne disent comment garder un "cœur droit et sincère".

La 1ère lecture est extraite du livre de Ben Sirac le Sage. Il n'ignore pas le drame du péché ; mais il fait confiance à la Sagesse. Elle s'offre comme une mère à ceux qui sont disposés à accueillir son enseignement. Nous avons à choisir : d'un côté la vie qui résulte de l'observation des commandements, de l'autre la mort, sanction de l'orgueil qui rejette l'instruction. L'homme est libre de ses choix. Mais il n'est pas seul, livré à lui-même. Nous pouvons toujours compter sur la protection du Seigneur.

Lorsque la mort physique n'a pu prendre qu'un corps accidenté, usé, vieilli ou malade, elle ne prend rien d'essentiel. Par contre, si elle s'empare d'une vie dominée par la haine, le mépris des autres, la recherche du profit, alors la mort est victorieuse. Elle humilie l'homme et sa liberté ; elle le tue deux fois ; elle prend tout.

Dans la seconde lecture, saint Paul nous invite également à faire "le choix de Dieu". Pour nous en parler, il n'utilise pas "le prestige du langage et de la sagesse". Et pourtant, c'est bien de sagesse qu'il leur parle. Mais celle-ci est très éloignée de celle du monde : "ce qui est folie aux yeux des hommes est sagesse de Dieu". C'est dans cette sagesse que nous trouvons la vraie vie. C'est l'Esprit Saint qui fait de nous des adultes dans la foi. C'est lui qui nous rend capables de dire non à l'esprit de domination. Si nous choisissons de suivre le Christ, nous prendrons le même chemin que lui, celui du service, du don de soi, de l'ouverture à Dieu et aux autres. C'est à cela que nous serons reconnus comme disciples du Christ.

L'Évangile nous précise bien que Jésus a validé l'ancienne alliance dans son intégrité. Les commandements ne sont pas périmés. Rien ne doit être supprimé, bien au contraire. Mais ces commandements n'étaient qu'une étape dans l'éducation du peuple de Dieu. Aujourd'hui nous invite à aller plus loin : "On vous a dit… Moi je vous dis…" La loi ancienne a été un guide. Mais nous savons bien que la pratique scrupuleuse d'un règlement interne ne suffit pas à rendre une famille heureuse. Il lui faut aussi de la solidarité, de l'amour.

Obéir à des commandements ne fait pas de nous des "justes" (ajustés à Dieu). Avec le Christ, nous apprenons à faire un pas de plus. Nous sommes invités à tendre vers le meilleur, vers Dieu. Il n'est plus question d'obligations ou d'interdits. Ce que Jésus attend de nous c'est que toute notre vie soit remplie de l'amour qui est en Dieu : "Soyez parfaits comme votre Père du ciel est parfait !"

Qui peut aimer de cet amour dont nous parle l'Évangile d'aujourd'hui ? Après l'avoir lu, un prêtre avait posé cette question à l'assemblée ; un enfant a levé la main en disant : "y-a que Jésus qui peut nous aimer comme cela !" Il avait raison. Et en célébrant l'Eucharistie, c'est bien cela que nous allons demander au Seigneur : qu'il nous aide chaque jour à vivre de cet amour dont il est la Source. Chacun peut se demander pour vivre chaque jour à la manière du Christ.

En lisant les Évangiles chaque jour, nous prenons un peu plus conscience de son amour : il a pardonné à Zachée en le regardant dans son arbre et en s'invitant chez lui ; il n'a pas jeté la pierre à la femme adultère, mais il lui a donné la force de poursuivre sa route ; il a pardonné à Pierre qui venait de le trahir ; il a pardonné à ceux qui le faisaient mourir sur la croix. Il a partagé de nombreuses paraboles qui nous disent encore aujourd'hui ce qu'est le véritable amour. Nous connaissons celle de la brebis perdue, celle du fils prodigue…

Ce chemin que Jésus nous montre est difficile. Mais il ne nous laisse pas seuls : il nous donne la force nécessaire pour nous engager dans cette direction. Il ne se contente pas de nous donner des commandements : il nous offre sa grâce ; son Esprit Saint se déploie dans notre faiblesse. Il nous rend capables d'avancer sur le chemin de son Amour.

Plus que jamais, nous pouvons faire nôtres les paroles de ce chant : "Au cœur de ce monde, le souffle de l'Esprit Fait retentir le cri de la Bonne Nouvelle! Au cœur de ce monde, le souffle de l'Esprit Met à l'œuvre aujourd'hui des énergies nouvelles."

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Sources : Revues Signes, Feu Nouveau, Fiches dominicales – Guide Emmaüs des dimanches et Fêtes (JP. Bagot) – Missel des dimanches 2017 – dossiers personnels

Publié dans Homélies dominicales

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